La dictée n'est pas forcément l'exercice favori des petits n'enfants il faut bien l'avouer.
Plus jeune j'ai aussi subi cet humiliant exercice, oui je dis humiliant car à chaque fois mes notes étaient plus proches du zéro que du 20.
Est ce que cela m'a aidé à m'améliorer ? Non pas du tout. La dictée a plutôt développé un grand stress, chez moi, face à l'orthographe plus qu'autre chose.
Pourtant, c'est un fabuleux exercice qui devrait être plaisant car quelle fierté pour un enfant de présenter à l'univers ce mot qu'il a réussi à orthographier sans fautes par lui même ! Que l'on se sent formidable lorsqu'une personne nous interroge sur l'orthographe d'un mot et qu'on peut lui répondre, expliquer voir énoncer la règle mnémotechnique qui nous sert au quotidien. Il était hors de question que mes enfants soient privés de cela à cause d'une vieille tradition éducative qui veut qu'un enfant réalise un exercice avec un barème de notes discriminant où l'échec est bien trop privilégié. Avez-vous comptez le nombre de fois qu'il était possible de se tromper dans une dictée ? se donner 10 chances ou 20 c'est forcément mettre tout en oeuvre pour pénaliser l'enfant et lui laisser un fort sentiment d'échec.
Attention, "la dictée à ma sauce" n'est pas la recette miracle pour que vos enfants deviennent des dieux de l'orthographe, que nous soyons clairs. C'est un peu comme pour tout, nous ne sommes pas égaux face à l'orthographe. Par contre, beaucoup d'enfant voient leur niveau lamentablement chuter à cause du stress de la dictée. Ma méthode a pour but de donner du sens à cet exercice et non de créer une situation anxiogène. "La dictée à ma sauce" n'a pas été pompée quelque part, mais est le fruit de mon expérience et de mon désir intense de donner confiance en eux-mêmes à mes enfants.
Donc comment se déroule "une dictée à ma sauce" chez nous ? Selon les compétences de chacun elles différeront, mais tout de même se rejoindront sur de nombreux points.
Tout d'abord exit le concept de noter une dictée sur 20 ou même sur 10 ou bien de mettre un TB ou je ne sais quelle appréciation. La dictée est un exercice qui permet d'évaluer par soi même sa capacité à écrire un texte que l'on n'aura pas créer. Pour un enfant, créer un texte demande de mettre en place de nombreuses stratégies: synthétiser ses idées, créer des phrases claires et construites etc ... C'est donc compliqué d'y ajouter le travail de l'orthographe et de la grammaire d'où l'intérêt de se pencher sur la dictée qui ne demande que ces compétences particulières.
Le texte est choisi par maman et l'enfant concerné. il est important que celui-ci se sente capable d'écrire le texte, lui plaise et surtout qu'il en ai parfaitement compris le sens pour tout ce qui sera grammaire, accords etc .... Je trouve mes dictées dans les cours kerlann, les manuels de lectures ou bien dans les textes des œuvres littéraires que nous étudions (notre bibliothèque)
Lors d'une dictée, le reste de la fratrie doit faire le plus grand silence et surtout ne pas m'interrompre c'est un exercice difficile qui demande un long temps de concentration.
Donc je lis une première fois le texte, puis c'est parti la dictée commence. Selon le choix personnel de l'enfant celui-ci utilisera le crayon de papier ou bien le stylo plume, tout dépend de son assurance. Pour les plus jeunes "lecteurs" j'insiste sur les syllabes de chaque mots car ils sont encore dans la transition déchiffrage/lecture et ont mémorisé peu d'orthographe complet de mot. Je donne la ponctuation, mais à partir de la sixième si l'enfant est assez à l'aise n'hésitez pas à la marquer seulement avec l’intonation.
La dictée finie, je relis bien sûr une ou bien plusieurs fois selon les besoins de l'enfant. Viens alors le moment où l'enfant doit se relire seul et débusquer les fautes restantes seul ou avec l'aide d'outils tel que le dictionnaire, bescherelle, bled etc ...
Mon concept est le suivant, le but d'une dictée est d'apprendre à écrire par soi-même sans faute. A l'aide de ses outils ils apprendront à se corriger en autonomie plutôt que de voir la correction comme une sentence qui les éloigne un peu plus à chaque faute de cette perfection que les pousse à atteindre le désir intense du 20. Certains diront que c'est de la triche, moi qui le pratique quasi quotidiennement je vous assure que pour un enfant c'est loin d'être facile.
Une fois qu'ils ont tout relu, corrigé ce qui leur semble faux commence le deuxième round.
Pour mon grand très à l'aise en français, je ne fais que corriger les 2, 3 fautes qui restent si besoin et c'est fini pour lui. Le cas des filles est plus complexe, Pupuce est en CE1 et a 7ans, Nounoute 10ans dyslexique peine à mémoriser l'orthographe des mots et à se relire efficacement.
Il va falloir décortiquer le texte minutieusement:
- Première étape:
Je reprends phrase par phrase et je demande à chaque fois de m'expliquer "qui fait quoi" dans la phrase ainsi elles trouvent le sujet et le(s) verbe(s) qu'elles marquent en les soulignant avec des couleurs: vérification des conjugaisons et des accords
- Deuxième étape:
Entourer toutes les marques de pluriels: les, des, de, ses, mes etc... et on vérifie bien que le "s" est bien mis au nom auquel elles se rapportent.
- troisième étape:
Les verbes en "er" à l'infinitif .... "é" ou "er" pour les verbes du premier groupe l'erreur est très facile. Alors surtout on vérifie en remplaçant par un verbe du 2ème groupe ou bien du 3ème comme finir ou mordre.
- quatrième étape:
Les adjectifs qualificatifs ... Ouh la la souvent ils sont le fruits de nombreux accords oubliés. On les retrouve et on les souligne aussi afin de vérifier les accords.
- cinquième étape (optionnelle):
Les majuscules au débuts des phrases sont elles bien mises ? (pour les plus jeunes cela arrivent parfois)
Si il reste de nombreux adjectifs mal accordés: "souligne moi tous les noms qui sont dans ton textes et pour chacun regarde si il y a un mot qui te donne des informations sur "comment est le nom": petit, grand, joli, précieux, bas, généreux, précoce etc ...
- Dernière round l'analyse grammaticale:
Version Montessori ou bien plus traditionnelle peu importe c'est un outil de plus pour se corriger par soi-même.
Normalement, après tout cela il ne doit rester QUE des mots mal orthographiés dus au simple fait que l'enfant ne les connaissait pas. Je fais une petite croix à côté en précisant qu'il devra le chercher dans le dictionnaire.
Cette "dictée à ma sauce" s'est mise en place sur plusieurs années avec les enfants. personnellement, je la trouve très positive et cela permet souvent l'interaction entre les enfants qui s'entraident ou tout simplement apprennent de l'erreur de l'autre. C'est sûr qu'elle prend du temps, plus que la méthode traditionnel, mais sincèrement je trouve les retombés très positives.
Si vous avez des suggestions, car vous aussi vous avez mis en place des stratégies bienveillantes pour réaliser ce difficile exercice qu'est la dictée, partagez les moi en commentaire sous cet article je suis preneuse ;)

